Robert Johnson maître virtuose des premières guitares dignes de ce nom... J'ai mis R.J. pour Robert Johnson, vous aurez compris, ça raccourcit...
En matière d'authenticité, R.J est au-dessus de la mêlée : il possède des qualités qui sont évidentes à quiconque écoute ces plages en faisant l'effort de dépasser une première appréhension auditive. Consolez-vous en apprenant que le niveau technique est très bon pour l'époque (1936) et goûtez dans la paix des sens une musique qui prend son temps pour installer son rythme, son phrasé.
R.J. habite avec une intensité exceptionnelle chacune des quelques quarante pièces que Don LAW eut le privilège de graver avant la mort du musicien, empoisonné par un patron d'établissement nocturne que la jalousie conduisit (impunément toutefois) au meurtre.
Sa musique également devait faire des jaloux, écoutez "Terraplane blues" qui fut un succès immédiat à l'époque ; la souplesse de sa voix est stupéfiante et sa technique instrumentale en a bluffé plus d'un ; mais surtout la tension que l'on ressent par sympathie à l'écoute de cette plainte amoureuse est à la fois maîtrisée et encore fraîche, pourrait-on dire. Notre homme vivait pour la musique, mais avait à l'évidence une âme d'écorché.
Au chapitre des reprises célèbres, rappelons le "Dust my broom" d'Elmore james, le "Love in vain" des Rolling Stones (sur "Beggar's Banquet"), et le "Sweet Home Chicago" des Blues Brothers...